Michel Poirier-Defroy |
Publié le 20 juillet 2011 | Mise à jour le 20 juillet 2011 à 10h11
Somme toute, le XC90 a été conçu pour satisfaire le marché nord-américain, car Volvo, propriété à part entière de Ford, n'aurait pas tenté l'aventure en Europe seulement. Trois XC90 sur quatre débarquent de ce coté-ci de l'Atlantique. En développant le XC90, le constructeur suédois a apporté un nouveau vent de sécurité. Un argument primordial dans le créneau, même si le XC90 n'y était pas tenu.
Ainsi, pour éviter le capotage, ce Volvo est doté d'un dispositif antiretournement, baptisé RSC (Roll Stability Control), basé sur un capteur gyroscopique. Évidemment, l'inévitable peut se produire et c'est alors que la sécurité passive s'active. Cet utilitaire protège également tous ses occupants par des rideaux gonflables. De plus, en cas de capotage, sachez que le toit ne vous tombera pas sur la tête, puisque sa structure est faite en acier Bore, un métal cinq fois plus résistant que l'acier conventionnel. Rassuré ?
UNE TROISIÈME BANQUETTE FUTILE
Nos voisins du Sud trouveront peut-être le moyen d'ajouter au XC90 une paire de marchepieds, mais ils seront tout à fait inutiles : la garde au sol n'exige aucun effort particulier sinon pour rejoindre les deux sièges de la troisième rangée. Au cours des dernières années, la majorité des constructeurs sont tombés dans le panneau de cet artifice qui accepte sept passagers dans un confort relatif, selon que vous êtes un enfant ou un adulte. Encore faut-il en ressortir ! Si vous n'êtes que cinq personnes, il suffit de faire coulisser les coussins de la dernière rangée sous le plancher du coffre, de rabattre les dossiers et voilà, le tour est joué.
Le coffre devient alors plus volumineux, et il ne faudra pas oublier de replacer le couvrebagages qui était rangé dans le garage ! La deuxième rangée permet à la section centrale de la banquette de s'avancer, ce qui permet d'installer un siège d'enfant et de le glisser plus près du conducteur. Avis donc aux enfants turbulents ! Le tableau de bord offre des formes assez classiques où les accessoires abondent. La qualité d'assemblage est au-dessus de tout reproche et les matériaux sont de bonne qualité. Les commandes sont également bien disposées.

Couverture du livre L'Auto 2009 des éditions La Presse.
POUR LES GRANDS ESPACES
Volvo a pigé dans ses cartons pour trouver cette plateforme. Elle est alignée sur les actuelles S80, V70 et S60. On a beau être assis plus haut et profiter d'une garde au sol supérieure, cet utilitaire n'est pas du genre à visiter les sentiers ou grimper les rochers. Son dispositif à traction intégrale lui procure par contre une excellente motricité sur les routes secondaires et en hiver. Ce système n'est pas aussi perfectionné - c'est celui de la V70- et aussi performant que ceux de la concurrence. Il distribue via l'électronique la puissance aux roues « nécessiteuses ». En fait, il s'agit surtout d'une traction qui redirige la puissance aux roues arrière. Le transfert est imperceptible.
De plus, contrairement aux vrais utilitaires, il est dépourvu d'une gamme basse (Lo), appréciée pour se tirer des bourbiers. Le XC90 recèle de belles aptitudes routières qui s'expriment quand on prend la grande route. Car la première impression en zone urbaine n'est pas très concluante. Le grand diamètre de braquage ne facilite guère les manoeuvres au volant de ce gros gabarit. Heureusement, le radar de stationnement est là pour veiller au grain, mais cela suppose une option de 500 $. C'est acceptable, puisque cette option comprend également des essuie-glaces qui détectent la moindre goutte de pluie et des rétroviseurs rétractables. Somme toute, le XC90 est plus à l'aise dans les grands espaces.
Sa direction transmet avec précision l'angle des roues directrices et fait oublier son poids. Deux moteurs sont au catalogue. Le premier est un six cylindres en ligne de 235 chevaux, comme dans les séries 70 et 80. Certes, il s'agit d'un moteur un peu gourmand malgré qu'il soit à la fine pointe de la technologie, mais ce XC fait plus de deux tonnes et le moulin doit travailler continuellement.
Pour plaire au marché américain, Volvo - lire Ford - n'a pu résister à mettre un V8 sous le capot. C'est donc à Yamaha au Japon que Volvo a envoyé ses pièces et ses spécifications pour assembler un 4,4 litres de 311 chevaux. Ça vous donne du pep dans le mollet, mais la consommation en prend pour son rhume. Si Volvo avoue que ses moteurs peuvent ingurgiter de 15 à 16 litres aux 100 km, il faudra reconnaître qu'en hiver, en pleine accélération, c'est tout près de 20 litres aux 100 km qu'ils consomment. De l'essence super en plus. On aurait souhaité un turbodiésel. La boîte automatique à six rapports Geartronic cherche constamment le meilleur ratio et le freinage est sans reproche. Solidement construit, spacieux, sûr et ingénieusement aménagé, le XC90 séduit à maints égards par son architecture différente.
Cet essai est tiré du livre L'auto 2009, disponible à La librairie.