Louis-Alain Richard |
Publié le 20 juillet 2011 | Mise à jour le 20 juillet 2011 à 10h10
La Rabbit est donc fort bien équipée à la base avec la climatisation, les quatre glaces à descente et remontée rapide, le régulateur de vitesse ainsi que l'ordinateur de bord. Les seules options offertes sont le contrôle de stabilité, le toit ouvrant, les jantes en alliage, les rideaux gonflables, la radio Sirius et les sièges chauffants.
À l'intérieur, la Rabbit est joliment présentée et ses matériaux sont de qualité, bien que le coup d'oeil soit un peu sévère. Les sièges sont réglables en hauteur, l'ergonomie est sans faute et l'espace à bord est correct pour une petite famille. La soute à bagages est large et profonde et la banquette arrière est rabattable en sections en plus de proposer une trappe pour les longs objets.
Bref, l'habitacle est imprégné de la rigueur et du classicisme qui ont fait le succès des quatre générations précédentes. C'est sobre et cela plaît. À défaut d'originalité, la présentation intérieure ne manque pas de sérieux. La qualité de fabrication ne soulève aucune critique.
UN GROS COEUR
Au moment de mettre la mécanique en route, une bonne surprise attend le conducteur. La Rabbit est en effet motivée par un moteur à cinq cylindres, une exclusivité dans cette catégorie qu'elle partage avec la petite Volvo. Ce 2,5 litres offre 170 chevaux et 177 livres-pieds de couple, et il fonctionne à l'essence ordinaire. Ses performances sont correctes et sa riche sonorité le distingue nettement des quatre cylindres habituels.
En usage quotidien, il se débrouille très bien, avec suffisamment de couple à bas régime et une bonne volonté dans les relances. En fait, sa plus grande qualité, sa linéarité, est aussi son plus grand défaut, vu que cette linéarité amenuise les sensations. Côté boîte de vitesses, la Rabbit propose une boîte manuelle à cinq rapports de série et une excellente boîte automatique à six rapports en option. Le châssis fait appel à un train pseudo-McPherson à l'avant, comme toutes les Golf/Rabbit depuis 1975.
À l'arrière toutefois, la Rabbit arbore une suspension indépendante multibras plus moderne que l'essieu semi-indépendant de ses aînées. En roulage, la Rabbit affiche beaucoup de retenue et de contrôle, et son comportement général est très agréable. La voiture pivote facilement, l'essieu arrière étant bien guidé, et le roulis est moindre que sur les versions précédentes, qui avaient la fâcheuse tendance à se coucher dès que le rythme augmentait. Sur le plan du freinage, la Rabbit fait toujours appel à des disques aux quatre roues surveillés par un système antiblocage ABS.
La voiture freine fort et droit, mais la pédale est spongieuse, un trait de caractère typique des dernières productions de VW. La Rabbit propose une assistance de direction électrique, un mécanisme décrié par les sportifs parce que moins communicatif qu'une assistance hydraulique traditionnelle. C'est plus léger, plus simple, et probablement moins cher à produire. Par contre, ici, la calibration est bien étudiée et le résultat est qu'on n'a pas l'impression de conduire une voiture virtuelle tirée d'un jeu vidéo.

Couverture du livre L'Auto 2009 des éditions La Presse.
OÙ EST LE DIÉSEL ?
La consommation d'essence est l'un des points noirs de cette motorisation à cinq cylindres. En usage courant toutefois, cette voiture consommera réalistement autour des 13 L/100 km en ville si le conducteur ne sait réfréner ses ardeurs. La concurrence à motorisation quatre cylindres, la Mazda3 par exemple, fait mieux en ville. Comme toujours, la performance se paie à la pompe.
Il est regrettable que la mécanique turbodiésel proposée par le constructeur allemand en 2009 soit à l'usage exclusif (pour toujours ?) de la Jetta. En abandonnant le rôle d'entrée de gamme à la Golf City, la Rabbit peut maintenant occuper le créneau qu'elle a créé en 1975, celui de la voiture compacte qui en offre plus sur le plan de l'agrément de conduite, de la qualité de fabrication et de l'équipement de série. Reste un problème de taille : elle est trop grande (et trop chère) pour se mesurer à une sous-compacte traditionnelle, mais trop petite encore pour toiser les compactes actuelles. Est-ce à dire que le choix de cette Volkswagen en est avant tout un de coeur et non de raison ?
Cet essai est tiré du livre L'auto 2009, disponible à La librairie.