La sixième génération de Golf ne dérogera pas aux principes qui ont fait le succès de la lignée. Si elle gagne encore en longueur et un peu en volume comme en poids, elle mise plus que jamais sur son image de robustesse, sa palette de moteurs et la qualité de sa fabrication.
Volkswagen n'a pas voulu prendre de risques inutiles avec ce modèle. D'où une stratégie orientée vers la fidélisation et la réassurance d'un conducteur qui apprécie par-dessus tout le changement dans la continuité.
Ni tout à fait pareille ni tout à fait différente, la Golf VI étrenne la nouvelle signature de la marque. Prônant un retour au classicisme, la direction du constructeur allemand délaisse ici la mâchoire nickelée de ses créations récentes au profit d'une calandre noire à trois barrettes à l'expression assez neutre.
Si la physionomie générale demeure fidèle à la génération précédente, les phares, plus allongés, résument à eux seuls, et plus que toutes les autres subtilités apportées au dessin, la différence entre la génération précédente et la nouvelle Golf. Pas de révolution, tout juste une évolution discrète, mais efficace comme cette surface vitrée plus grande. L'ensemble est sérieux, solide sans pour autant sombrer dans l'austérité. Le faible écart d'assemblage des différents panneaux de tôle confirme cette impression.
Habitabilité moyenne
Elle se prétend toute neuve et, pourtant, la Golf reprend pratiquement la moitié des éléments du modèle antérieur. Légèrement plus longue, sa carrosserie repose sur un châssis aux voies élargies. Ce gain ne profite pas en valeur absolue à l'habitabilité qui demeure dans la moyenne de la catégorie, sans plus.
À l'avant, la place est très confortable, notamment avec un siège conducteur qui offre un important recul et une position de conduite irréprochable grâce à de nombreux ajustements et à une colonne de direction ajustable dans les deux axes. Avec des commandes de radio et de climatisation bien situées, près du champ de vision du conducteur, l'ergonomie est soignée.
L'intérieur confirme la montée en qualité, surtout sur les versions les plus cossues (Comfortline et Highline). Les différentes composantes sont, au toucher comme à la vue, agréables et soigneusement ajustées. Le tableau de bord demeure sensiblement identique au modèle antérieur, mais adopte une présentation à la fois plus riche et plus moderne - comme cet écran tactile, qui vous permet de syntoniser vos plages musicales, offert moyennant supplément.
Le rangement est minimal, avec seulement des aumônières de portières à l'avant, un réceptacle sous l'accoudoir central, un ex-cendrier réaménagé en tirelire et un coffre à gants.
En revanche, le coffre permet de caser de gros bagages et de dissimuler quelques trésors avec un plancher à double fond au-dessus de la roue de secours. Même si le dossier de la banquette 1/3-2/3-3/3 ne se rabat pas complètement à plat contre le plancher, la capacité de chargement est tout simplement remarquable pour un véhicule de ce gabarit.
Confortable et rassurante
Plus rigide sans pour autant s'alourdir (félicitations!) malgré l'ajout d'équipements de sécurité et de confort, la Golf ne cherche visiblement pas à mettre des paillettes dans les yeux des acheteurs sur le plan des technologies et des gadgets, mais plutôt à conforter tous ceux (et celles) qui aiment la Golf. Dire qu'elle conserve son comportement est assez conforme à la réalité.
Le binôme châssis-suspension, le concept de jambes MacPherson avec les bras triangulés inférieurs sur l'essieu avant est repris, tout comme le guidage du train arrière par une suspension multibras. Mêmes composants, mais réglages revus. Les suspensions s'adoucissent: le confort y gagne sans que la tenue de route en pâtisse. Il n'y a que sur de mauvaises routes qu'on trouve à redire sur le manque de détente des amortisseurs.
La direction toujours assistée électriquement gomme un peu les sensations et ne procure pas assez d'information sur le degré d'adhérence. Néanmoins, la tenue de route demeure parfaitement saine et veille à vous mettre rapidement en confiance. En cas d'excès (de confiance), toutes les béquilles électroniques se mettent de la partie et agissent finement et rapidement.
Rien de bien révolutionnaire donc, mais cette sixième génération réalise un parcours sans faute, privilégiant la souplesse, le confort et relance du même coup l'allemande au plus fort de la lutte qui l'oppose aux autres compactes.
Merveilleux TDi
Quant à la gamme des motorisations, elle reprend beaucoup - êtes-vous surpris? - de l'ancienne génération. Deux moteurs sont offerts avec des puissances s'échelonnant de 140 à 170 chevaux. Le moteur de base est un cinq cylindres de 2,5 litres monté transversalement. Sa puissance est de 170 chevaux, mais son rendement général nous a toujours laissé sur notre appétit et son timbre éraillé casse les oreilles. Nous lui préférons - et de loin - le quatre cylindres 2 litres turbodiesel, plus sobre, plus costaud et à peine moins véloce. Hélas! il n'est offert qu'avec les carrosseries cinq portes et familiale.
Filtrant à merveille le bruit et les vibrations, ce moteur TDi (soulignons que le i est maintenant peint en bleu et fait référence aux technologies BlueMotion utilisées par VW pour préserver l'environnement) se compare avantageusement aux consommations obtenues par des véhicules dotés de la technologie hybride (mi-essence, mi-électricité), surtout sur un parcours autoroutier.
En ville, nul doute que si cette Volkswagen était dotée d'un dispositif d'arrêt automatique (Stop&Start), elle parviendrait, au combiné (moyenne ville-route), à faire aussi bien que certaines hybrides.
Sur la route, cette Golf à moteur diesel permet de rouler décontracté et assure une autonomie extraordinaire. Mieux encore, ce moteur peut être associé à une boîte à double embrayage (DSG) des plus efficaces qui, après une modification de l'algorithme des rapports et de la gestion moteur, permet d'abaisser la consommation et naturellement les émissions de CO2. Très douce et progressive, cette boîte DSG tend à lisser les sensations de conduite, mais nous autorise à reprendre les choses en main en nous permettant de sélectionner manuellement les rapports.
Au final, la Golf ne risque pas de provoquer des rassemblements. D'autant plus que son prix (tous modèles confondus) demeurera encore un obstacle pour plusieurs qui considéreront, à juste titre, que la concurrence offre des produits très compétitifs à meilleur prix.
Considérant l'étendue de la garantie offerte par Volkswagen (quatre ans/80 000 km), l'excellente valeur de revente de la version TDi (surtout avec la carrosserie familiale), Volkswagen détient un avantage que la marque souhaite encore bien timidement étendre en dehors de son réseau de «golfeurs» ou de «golfistes».
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