Jean-François Guay |
Publié le 20 juillet 2011 | Mise à jour le 20 juillet 2011 à 09h44
La dernière refonte remontait à 2004. À l'époque, la TL n'avait pas traîné pour devenir la référence des berlines sport japonaises. Alors que Lexus cherchait sa voie avec l'IS et qu'Infiniti tardait à offrir un rouage intégral sur la G35, la TL, malgré l'effet de couple provoqué par ses roues avant motrices, représentait la plus sérieuse rivale des BMW Série 3 et Mercedes Classe C du temps.
Cette troisième génération avait permis, notamment, à Acura d'imposer sa nouvelle signature visuelle avec une calandre inspirée des belles italiennes d'Alfa Romeo. Depuis, on retrouve cette calandre taillée au couteau sur tous les modèles Acura. Une calandre si atypique qu'elle permet de reconnaître un véhicule Acura à cent lieux.
DES DIMENSIONS ACCRUES
En 2009, le design de la nouvelle TL va plus loin avec des formes encore plus cisaillées. En reprenant et en accentuant davantage les éléments visuels de sa petite soeur TSX, récemment remodelée, les lignes de la TL donnent un bon aperçu des futurs modèles Acura.
Plus longue et plus large que la génération antérieure, la nouvelle TL offre un meilleur dégagement aux occupants de la banquette arrière et un coffre digne de ce nom. Ces dimensions accrues lui permettent de se positionner entre les Série 3 et Série 5 de BMW. Bonne ou mauvaise décision ? Cela dépend de la vision de chacun. De leur côté, les représentants d'Acura semblent satisfaits de ce virage puisque la grande habitabilité de la TL lui permet de ratisser plus large et de laisser plus de place à la TSX.
Par contre, la TL prend du poids, ce qui se traduit par un comportement routier moins dynamique, voire plus aseptisé. En effet, il nous a semblé que la nouvelle mouture a perdu un peu de son bouillant caractère pour plaire à un plus grand public. Même chose avec la TSX, qui a délaissé les espadrilles de course pour des souliers à talons.
UNE MÉCANIQUE DU DIMANCHE
Avant le dévoilement de la TL et de la TSX, on désignait, sans hésitation, les produits Acura comme étant les plus sportifs de l'industrie japonaise, alors que ceux de Lexus étaient jugés les plus pantouflards. Quant à Infiniti, disons que la marque de luxe de Nissan, mi-figue mi-raisin, a longtemps cherché son orientation pour enfin la trouver.
Cette année, il semble que c'est au tour d'Acura de chercher son chemin en dévoilant des modèles plus empesés dont la ligne rouge des moteurs VTEC ne débute plus à 7500 tours/ minute mais à 6000 ! Une donnée qui en dit long sur le remords des motoristes Honda.
Trop souvent critiqué pour le manque de couple de ces moteurs à bas régime, Acura (et Honda) s'est plié aux demandes du marché en redirigeant le compte-tours vers le bas. La nouvelle TL est sur le point d'être commercialisée, et déjà on commence à s'ennuyer des bonnes vieilles motorisations stratosphériques d'Acura.
Mais bon, il ne s'agit que d'une opinion, et c'est finalement la clientèle qui aura le dernier mot. Côté mécanique, la TL reprend le rouage intégral de la RL. Baptisé SH-AWD, ce mécanisme alourdit la TL d'une centaine de kilos, mais il permet d'exploiter pleinement les 305 chevaux du moteur V6 de 3,7 litres qui l'accompagne de série.
Moins puissantes, les versions tractées (à roues avant motrices) font appel aux services d'un V6 de 3,5 litres et 280 chevaux. Peu importe la mécanique, seule une boîte semi-automatique à cinq rapports est offerte. La direction d'Acura entend offrir une boîte manuelle, à compter de 2010, dont l'introduction devrait coïncider avec le dévoilement d'une version Type-S de 330 chevaux ou plus.

Couverture du livre L'Auto 2009 des éditions La Presse.
SUR LA ROUTE
Il n'y a aucun doute que la nouvelle TL est le compromis des compromis. Autant le comportement de l'ancienne génération était pointu, autant celui de la nouvelle livrée est d'une douceur exemplaire. On pourrait se fermer les yeux et croire qu'on roule en Lexus. Les ajustements de la suspension filtrent en silence et avec finesse les aspérités de la chaussée.
De même, la direction est plus légère qu'auparavant, alors que l'effet de couple a pratiquement disparu. Seules la forme du volant et la présentation du tableau de bord, avec son envahissante console centrale où les commandes l'audio et de la ventilation s'entremêlent, nous rappellent que l'on conduit bien une Acura.
Cet essai est tiré du livre L'auto 2009, disponible à La librairie.