Nelson Piquet fils, à son arrivée aux bureaux de la Fédération internationale automobile, lundi.
Photo AFP
Joris Fioriti | Agence France-Presse
Publié le 23 septembre 2009 | Mise à jour le 23 septembre 2009 à 14h56
Le renversement de perspective paraît incroyable. La Fédération internationale de l'automobile, qui a accordé au pilote brésilien l'immunité en échange de ses aveux, doit se mordre les doigts d'avoir rendu publics mercredi plusieurs documents relatifs à l'affaire, qui contredisent sa version des faits.
Les accusateurs ne sont en effet pas les premiers venus: Pat Symonds, ancien directeur technique de Renault F1, qu'il a quitté, a été condamné à cinq ans d'exclusion de tout événement sportif patronné par la FIA pour sa participation dans cette affaire. Une sanction modérée car Symonds aurait aussi collaboré avec la Fédération internationale.
L'autre source est interne à Renault. Le «dénonciateur», désigné comme tel par le constructeur français, est un membre de l'écurie souhaitant conserver l'anonymat. Le coup s'annonce difficile à encaisser pour Nelson Piquet fils.
Car les deux témoignages, qui se rejoignent, le présentent comme le cerveau du «Crashgate», ce scandale lié à son accident volontaire au Grand Prix de Singapour 2008, selon lui dicté par ses deux patrons, Pat Symonds et surtout l'Italien Flavio Briatore.
L'incident, qui avait entraîné l'intervention de la voiture de sécurité, avait profité à son coéquipier Fernando Alonso, qui avait alors doublé les autres concurrents, arrêtés aux puits pour ravitailler, pour finalement remporter la course. La FIA a reconnu que l'Espagnol ne savait rien de la combine.

Nelson Piquet fils, à l'avant-plan, lors des qualifications du Grand Prix de Singapour, en septembre 2008.
Photo Reuters
«Le contrôle de son destin»
«Il m'apparaît que dans toutes les déclarations et tous les rapports externes que j'ai lus, un point essentiel manque, qui est que l'idée de l'accident a été entièrement conçue par Nelson Piquet Jr. Il a été le premier à m'approcher avec cette idée, a accusé Symonds dans une lettre à la FIA. Nelson Piquet fils avait entièrement le contrôle de son destin. Lui seul pouvait décider de la suite des événements», a insisté le Britannique, qui a confessé ses «regrets et sa honte éternels» de n'avoir pas renvoyé le Brésilien avant l'accident.
Le fil conducteur de l'histoire, tel qu'il est rapporté par le «dénonciateur» de Renault F1, n'est guère plus favorable au jeune Brésilien.
«A. Nelson Piquet fils a approché Pat Symonds après les qualifications, le 27 septembre 2008, et a suggéré l'idée d'un accident délibéré pour racheter sa pauvre performance en qualifications.»
«B. M. Symonds a mentionné l'idée à M. Briatore.»
«C. La stratégie (de course, orchestrée par M. Symonds) a été conforme au complot.»
«D. À la connaissance du dénonciateur, personne d'autre n'était impliqué dans le complot.»
Alors, vendetta contre un homme ayant eu l'indécence de révéler un scandale dont il était partie prenante ou simple retour de bâton? Et que faire de la culpabilité de Flavio Briatore, présenté comme le «méchant» de l'histoire ?
Les enquêteurs de Renault, qui désignent Piquet fils et Symonds comme les responsables du complot, parlent seulement d'une «possible» implication de l'Italien.
Or, celui-ci a été exclu à vie de tout sport auto par la FIA, alors que Renault a déjà annoncé qu'elle comptait poursuivre son investissement en F1. L'écurie français s'en tire en effet avec une simple période probatoire de deux ans. Si Renault ne commet aucune nouvelle infraction grave pendant cette période, l'écurie aura échappé de facto à toute sanction.
Quant au «bon» Piquet fils, il dit, lui, déjà chercher un nouveau volant dans la discipline...
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